médicaments plantes herbes
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Quand les médicaments semblent ne plus guérir.

Un témoignage troublant circule à Lomé

conducteur taxi moto togolais

Un ancien conducteur de taxi-moto de nuit aurait vécu une scène suffisamment troublante pour décider, plus tard, d’en parler dans une communauté chrétienne qu’il avait rejointe.

Selon le témoignage rapporté par des membres de cette église, un homme serait venu lui demander de le conduire, pendant la nuit, dans différents hôpitaux de Lomé.

Sa mission aurait été étrange : parcourir plusieurs établissements de santé avant le lever du soleil.

Selon son récit, l’homme aurait enterré des objets dans chacun de ces lieux.

Pourquoi ?

Le conducteur ne le savait pas.

Ce témoignage, raconté au sein de l’église, peut être confirmé par des personnes qui en ont eu connaissance. Une chrétienne qui connaît également cette histoire peut en témoigner, tout en souhaitant rester anonyme.

Mais une précision est essentielle : le fait que ce témoignage ait réellement été raconté ne permet pas, à lui seul, d’établir que les objets enterrés avaient un pouvoir quelconque sur les malades ou sur l’efficacité des médicaments.

C’est précisément cette distinction qui nous intéresse.

Car depuis quelque temps, une question revient dans les conversations de nombreux Togolais :

Pourquoi certaines personnes ont-elles le sentiment que les médicaments prescrits à l’hôpital ne les guérissent plus ?

Et lorsque la guérison tarde, certains se tournent vers les plantes, les tisanes, les tradipraticiens ou encore vers des explications spirituelles.

Alors, que se passe-t-il réellement ?

Table des matières

Un témoignage troublant circule à Lomé.

« Les médicaments ne travaillent plus » : que signifie vraiment cette phrase ?

Le problème peut aussi être celui du système de santé.

Pourquoi les malades se tournent-ils vers les plantes ?

Une plante peut être utile sans être miraculeuse.

Et si certaines maladies avaient aussi une dimension spirituelle ?

Un témoignage peut être réel sans que toutes ses interprétations soient prouvées.

Alors, pourquoi certaines personnes disent-elles que l’hôpital ne les guérit pas ?

Ce que TruWaH ne veut pas faire.

Mais nous ne voulons pas non plus fermer la porte à l’inconnu.

Une question pour la santé africaine.

Et si le véritable problème était notre rapport à la vérité ?

Alors, que devons-nous faire ?

Les questions que TruWaH vous pose.

Conclusion : ne choisissons pas trop vite entre le visible et l’invisible.

À retenir.

FAQ — Questions fréquentes.

« Les médicaments ne travaillent plus » : que signifie vraiment cette phrase ?

les médicaments ne travaillent plus

Lorsqu’une personne dit :

« J’ai été à l’hôpital. J’ai pris les médicaments. Mais je ne suis pas guérie. »

son expérience mérite d’être entendue.

Mais il faut éviter de passer directement de cette expérience à une conclusion générale :

« Les médicaments ne fonctionnent plus. »

Ces deux affirmations ne sont pas équivalentes.

Un traitement peut échouer pour de nombreuses raisons : la maladie peut avoir été mal identifiée, le traitement peut ne pas être adapté à la cause réelle, la maladie peut être plus complexe que prévu, le patient peut ne pas pouvoir suivre correctement le traitement ou encore certains agents infectieux peuvent avoir développé une résistance.

La résistance aux antimicrobiens est d’ailleurs un phénomène médical réel et mondial. L’OMS explique que certaines bactéries, certains virus, champignons ou parasites peuvent ne plus répondre correctement aux médicaments utilisés contre eux, rendant certaines infections plus difficiles à traiter. En 2023, environ une infection bactérienne confirmée en laboratoire sur six dans le monde était résistante aux antibiotiques.

Cela signifie-t-il que les médicaments hospitaliers ne guérissent plus ?

Non.

Cela signifie plutôt que l’efficacité d’un traitement dépend de nombreux facteurs et que la médecine elle-même doit continuer à surveiller, rechercher, diagnostiquer et adapter les traitements.

L’OMS rappelle d’ailleurs que les médicaments essentiels sont sélectionnés en fonction de preuves concernant leurs bénéfices et leurs risques et qu’ils doivent être disponibles, abordables et de qualité garantie.

Le problème peut aussi être celui du système de santé

le système de santé

Lorsqu’un malade ne guérit pas, il est tentant de chercher immédiatement une cause  extraordinaire.

Mais il existe aussi des questions très concrètes.

Le diagnostic était-il suffisamment précis ?

Le malade a-t-il eu accès aux examens nécessaires ?

Le médicament prescrit était-il disponible et correctement utilisé ?

Le traitement était-il adapté à la maladie ?

Le patient a-t-il pu suivre toute la prescription ?

Existe-t-il une résistance au médicament utilisé ?

L’OMS rapporte elle-même, dans son suivi du partenariat pour la couverture sanitaire universelle au Togo, des enjeux liés à la qualité des services et des soins ainsi qu’à la disponibilité et à l’accessibilité des médicaments essentiels.

Ces questions ne signifient pas que les médecins ne savent pas soigner.

Elles montrent simplement qu’un système de santé est composé de nombreux éléments : médecins, infirmiers, laboratoires, médicaments, diagnostics, équipements, financement, approvisionnement, suivi des patients et recherche.

Avant de chercher une explication invisible, il faut donc également examiner ce qui est visible.

le système de santé2

Pourquoi les malades se tournent-ils vers les plantes ?

les plantes et les herbes1

C’est ici que le phénomène devient particulièrement intéressant au Togo et dans de nombreux autres pays africains.

Lorsqu’une personne estime que l’hôpital n’a pas résolu son problème, elle peut rechercher une autre solution.

Pour certains, cette solution se trouve dans une plante connue de la famille.

Pour d’autres, ce sera une tisane.

Ou quelques-uns, un tradipraticien.

Ce recours ne doit pas être automatiquement assimilé à de l’ignorance.

La médecine traditionnelle possède une longue histoire et reste largement utilisée en Afrique.

L’OMS Afrique indique que les traitements à base de plantes constituent la forme la plus répandue de médecine traditionnelle dans la Région africaine et rapporte que 70 à 80 % de la population de la Région a utilisé une forme de médecine traditionnelle comme soins de santé primaires.

Au Togo également, la médecine traditionnelle fait depuis longtemps l’objet d’un intérêt institutionnel. En 2014, l’OMS et le ministère togolais de la Santé avaient notamment mis en avant la collaboration entre praticiens de médecine traditionnelle et praticiens de médecine conventionnelle, ainsi que la nécessité de bonnes pratiques dans l’utilisation des médicaments issus de la médecine traditionnelle.

Cela ouvre une question importante :

Et si nous devions mieux étudier les connaissances médicinales traditionnelles au lieu de simplement les opposer à la médecine moderne ?

Une plante peut être utile sans être miraculeuse

les plantes et les herbes2

Il faut cependant éviter une autre erreur.

Parce qu’une plante est naturelle, cela ne signifie pas automatiquement qu’elle est sans danger.

Une plante peut contenir des substances pharmacologiquement actives.

La dose peut être importante.

La préparation peut modifier ses effets.

Elle peut être contaminée.

Elle peut interagir avec un médicament.

Et surtout, toutes les maladies ne peuvent pas être traitées de la même manière.

C’est pourquoi l’OMS, dans sa stratégie mondiale pour la médecine traditionnelle 2025-2034, insiste sur quatre grandes orientations : renforcer les données scientifiques, garantir la sécurité et une réglementation appropriée, favoriser une intégration adaptée dans les systèmes de santé et mieux évaluer la valeur de ces pratiques.

L’OMS a encore publié en septembre 2026 un programme mondial de priorités de recherche consacré à la médecine traditionnelle, complémentaire et intégrative. L’objectif est notamment de produire davantage de données permettant d’évaluer la sécurité et l’efficacité de ces pratiques.

Autrement dit :

Respecter le savoir traditionnel ne signifie pas abandonner l’esprit critique.

Et faire confiance à la médecine moderne ne devrait pas non plus signifier mépriser automatiquement les connaissances traditionnelles.

Et si certaines maladies avaient aussi une dimension spirituelle ?

maladies

Nous arrivons maintenant à la partie la plus délicate.

Dans de nombreuses sociétés africaines, la maladie n’est pas toujours considérée uniquement comme un problème biologique.

Certaines personnes peuvent également rechercher une cause spirituelle, sociale, familiale ou invisible.

Pour elles, prendre un médicament peut être nécessaire, mais pas forcément suffisant.

C’est dans ce contexte que des histoires comme celle du conducteur de taxi-moto prennent une importance particulière.

Un homme aurait parcouru des hôpitaux pendant la nuit.

Il aurait enterré des objets.

Des personnes ont entendu ce témoignage.

Certaines y voient peut-être une pratique spirituelle.

D’autres pourraient y voir une histoire difficile à vérifier.

D’autres encore pourraient chercher une explication rationnelle.

Qui a raison ?

À ce stade, TruWaH ne prétend pas le savoir.

Et c’est précisément pourquoi nous devons apprendre à faire une différence entre un témoignage, une interprétation et une preuve.

Un témoignage peut être réel sans que toutes ses interprétations soient prouvées

Cette distinction est fondamentale.

Imaginons qu’une personne raconte :

« J’ai vu un homme enterrer quelque chose dans un hôpital. »

Nous pouvons éventuellement vérifier que cette personne a réellement raconté cette histoire.

Même, nous pouvons recueillir plusieurs témoignages confirmant qu’elle l’a racontée.

Mais cela ne suffit pas encore à démontrer :

« Ce qui a été enterré avait un pouvoir surnaturel. »

Et cela ne démontre pas non plus :

« Ces objets empêchaient les médicaments de fonctionner. »

Ce sont deux niveaux différents.

Le premier relève du témoignage.
Le second relève de l’interprétation.

Cette distinction ne détruit pas le témoignage.

Au contraire, elle permet de le respecter sans lui faire dire davantage qu’il ne peut démontrer.

Alors, pourquoi certaines personnes disent-elles que l’hôpital ne les guérit pas ?

Il serait trop simple de donner une seule réponse.

Plusieurs réalités peuvent coexister.

1. Certaines maladies sont difficiles à traiter

La médecine a énormément progressé, mais elle n’a pas supprimé toutes les maladies.

2. Certains traitements peuvent échouer

Un traitement n’est jamais une garantie absolue de guérison.

3. La résistance aux médicaments existe

C’est notamment le cas de certaines infections résistantes aux antimicrobiens.

4. Le diagnostic peut être complexe

Deux maladies peuvent produire des symptômes proches mais nécessiter des traitements différents.

5. Les patients peuvent rechercher une autre voie

Après une expérience décevante à l’hôpital, certains se tournent vers la médecine traditionnelle.

6. Les croyances peuvent influencer la manière de comprendre la maladie

Pour certaines personnes, la maladie possède également une dimension spirituelle.

7. Les expériences personnelles peuvent devenir des croyances collectives

Une personne raconte son expérience.

Sa famille la transmet.

Un voisin la raconte à son tour.

Une communauté s’en empare.

Et progressivement, une expérience individuelle peut devenir une conviction largement partagée.

C’est précisément ce mécanisme que nous devons apprendre à observer.

Ce que TruWaH ne veut pas faire

organisation truwaz

TruWaH ne veut pas dire :

« Les médecins mentent. »

TruWaH ne veut pas dire :

« Les médicaments sont devenus inefficaces. »

TruWaH ne veut pas non plus dire :

« Les plantes guérissent mieux que les médicaments. »

Et nous ne voulons pas davantage affirmer :

« Des personnes enterrent des objets dans les hôpitaux pour empêcher les malades de guérir. »

Nous ne disposons pas des éléments permettant d’établir cette dernière affirmation comme un fait.

Notre démarche est différente.

Nous voulons observer.

Écouter.

Questionner.

Comparer les explications.

Chercher les faits.

Reconnaître ce que nous ne savons pas.

Et éviter de transformer une croyance en certitude simplement parce qu’elle est répétée par beaucoup de personnes.

Mais nous ne voulons pas non plus fermer la porte à l’inconnu

L’esprit critique ne signifie pas nécessairement que tout ce qui n’est pas encore expliqué doit être immédiatement rejeté.

Il signifie d’abord :

« Je ne sais pas encore. »

Cette phrase est parfois plus honnête que :

« Je sais que c’est impossible. »

Et parfois plus honnête également que :

« Je sais que c’est forcément spirituel. »

Entre ces deux extrêmes existe un espace de recherche.

C’est cet espace qui nous intéresse.

Une question pour la santé africaine

L’Afrique possède des siècles de connaissances sur les plantes, les aliments, les pratiques de soins et les rapports entre l’être humain et son environnement.

Une partie de ces connaissances mérite peut-être d’être étudiée scientifiquement.

Certaines peuvent se révéler utiles.

D’autres peuvent être inefficaces.

Certaines peuvent être dangereuses.

D’autres peuvent conduire à de nouvelles recherches.

L’enjeu n’est donc pas nécessairement de choisir entre :

médecine moderne OU médecine traditionnelle.

L’enjeu peut être de rechercher :

qu’est-ce qui fonctionne, dans quelles conditions, pour qui, avec quels risques et avec quelles preuves ?

La stratégie mondiale de l’OMS pour la médecine traditionnelle va précisément dans le sens d’une meilleure base de données probantes et d’une intégration sûre et fondée sur les connaissances disponibles.

Et si le véritable problème était notre rapport à la vérité ?

C’est ici que cette question rejoint profondément la mission de TruWaH.

Nous vivons dans un monde où une histoire peut être racontée à une personne le matin, publiée sur les réseaux sociaux le soir et devenir une « vérité » pour des milliers de personnes le lendemain.

Mais entre :

« quelqu’un me l’a raconté »

et

« c’est établi »

il existe une différence immense.

L’éveil de la conscience commence peut-être précisément là.

Savoir écouter sans croire immédiatement.

Savoir douter sans mépriser.

Maitriser la recherche sans condamner.

Savoir reconnaître une expérience sans transformer automatiquement son interprétation en vérité universelle.

Alors, que devons-nous faire ?

Lorsqu’un malade ne guérit pas, il faut chercher.

Chercher le diagnostic.

Chercher la cause.

Rechercher un autre avis médical lorsque cela est nécessaire.

Chercher à comprendre le traitement.

Chercher à savoir si une résistance médicamenteuse est possible lorsqu’il s’agit d’une infection.

Et si une plante ou une pratique traditionnelle est utilisée, chercher également à connaître ses effets, ses risques et ses interactions possibles.

Et lorsqu’une personne affirme qu’une maladie possède une cause spirituelle, nous pouvons écouter son témoignage tout en distinguant sa croyance de ce qui a été démontré.

La recherche de la vérité demande à la fois ouverture et discernement.

Les questions que TruWaH vous pose

Nous ne voulons pas terminer cet article en vous donnant une réponse toute faite.

Nous préférons vous poser quelques questions.

Avez-vous déjà connu une personne qui n’a pas guéri après un traitement hospitalier ?

Qu’a-t-elle fait ensuite ?

S’est-elle tournée vers les plantes ?

Pourquoi lui a-t-elle fait confiance ?

Pensez-vous que la médecine traditionnelle africaine devrait être davantage étudiée scientifiquement ?

Peut-on respecter une croyance spirituelle sans la présenter comme une preuve scientifique ?

Pourquoi certaines personnes perdent-elles confiance dans l’hôpital après une expérience de maladie ?

Et surtout :

Lorsque nous ne comprenons pas ce qui nous arrive, savons-nous distinguer ce que nous savons, ce que nous croyons et ce que nous ignorons ?

Conclusion : ne choisissons pas trop vite entre le visible et l’invisible

L’histoire du conducteur de taxi-moto nous interpelle.

Non pas parce qu’elle prouverait que des forces invisibles empêchent les médicaments d’agir.

Nous ne pouvons pas l’affirmer.

Elle nous interpelle parce qu’elle révèle quelque chose de plus profond : la manière dont les êtres humains cherchent une explication lorsque la maladie, la souffrance ou l’échec d’un traitement dépassent leur compréhension.

Certains regardent vers la science.

D’autres vers les plantes.

D’autres vers la religion.

Plusieurs vers les traditions.

Et certains cherchent dans plusieurs de ces directions à la fois.

Peut-être que l’éveil de la conscience consiste justement à ne pas devenir prisonnier d’une seule explication.

Chercher la vérité sans mépriser ce que nous ne comprenons pas.

Croire sans renoncer au discernement.

Douter sans fermer la porte à la recherche.

Car entre ce que nous savons, ce que nous croyons et ce que nous ignorons encore,

il existe un espace immense où la conscience peut commencer à s’éveiller.

À retenir

  • L’expérience d’un malade qui ne guérit pas ne suffit pas à conclure que les médicaments « ne fonctionnent plus ».
  • La résistance aux antimicrobiens est cependant un problème médical réel et mondial.
  • La médecine traditionnelle et les plantes jouent un rôle important dans de nombreuses communautés africaines.
  • Le Togo s’intéresse depuis longtemps à la recherche et à la collaboration autour de la médecine traditionnelle.
  • Les plantes ne doivent pas être considérées automatiquement comme sans danger.
  • Le témoignage du conducteur de taxi-moto est présenté comme un témoignage rapporté, et non comme la preuve que des objets enterrés dans des hôpitaux auraient un pouvoir sur les médicaments.
  • La recherche de la vérité demande de distinguer témoignage, croyance, hypothèse et preuve.

FAQ — Questions fréquentes

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