Le véganisme favorise-t-il la paix dans le monde ?
Introduction
Le Président nord-coréen Kim Jong Un aurait envoyé des troupes en Ukraine pour combattre aux côtés de l’armée russe, à la suite d’un accord supposé entre lui et le Président russe Vladimir Poutine. Cette intervention contribue à internationaliser le conflit, d’autant plus que les Etats-Unis ont récemment autorisé l’Ukraine à utiliser ses armes de longue portée sur le territoire russe.
Par ailleurs, le conflit israélo-palestinien, qui perdure depuis des décennies, a de nouveau causé des milliers de morts, tant du côté israélien que du côté des arabe. Bien que la situation semble s’être apaisée à Gaza, elle s’intensifie à Beyrouth, au Liban, où les affrontements font de nombreuses victimes.
Face à ces conflits mondiaux, le véganisme émerge comme une solution potentielle pour favoriser de meilleures relations entre les êtres humains. Cette pratique, qui rejette toute forme d’exploitation animale, s’inscrit souvent dans une philosophie de non-violence et de justice universelle. Dès lors, une question se pose : dans quelle mesure le véganisme peut-il contribuer à l’apaisement des conflits en général ? Pour répondre à cette interrogation, nous examinerons d’abord les arguments en faveur d’un monde plus pacifique grâce au véganisme, avant d’analyser ses limites et les obstacles à son impact.
Développement :
1) Le véganisme, une voie vers l’apaisement des conflits
Le véganisme est une éthique de la non-violence, en ce qu’il repose sur le respect de la vie animale et le refus de leur exploitation. En promouvant des valeurs telles que la compassion et l’empathie, il encourage une attitude pacifique, non seulement envers les animaux, mais aussi envers les humains.
Dans le domaine médical, on a effectué des tests sur les animaux pour évaluer l’efficacité d’une invention ou d’un produit. Cependant, il serait également important d’apprendre la tolérance et l’empathie en observant nos cohabitants animaux. Vivre avec les animaux permet de mieux comprendre les défis qu’ils posent et exige une grande patience pour les accepter.
Respecter la vie animale pour devenir humain
Personnellement, je vis avec deux chats dans ma maison : une femelle et un mâle. La femelle, malheureusement, tue systématiquement ses petits après leur naissance. Si je n’étais pas végane, je ne pourrais pas tolérer un tel comportement. Certaines personnes nous ont conseillé de la vendre, voire de la consommer. Pourtant, vendre un animal peut également s’apparenter à un acte de maltraitance, car on ne sait jamais quels traitements ou usages le futur propriétaire lui réservera.
La seule solution, à mes yeux, est de l’accepter telle qu’elle est, de la laisser vivre sa vie naturellement, et de lui offrir une fin paisible, comme un humain. Refuser de violenter les animaux, même lorsqu’ils causent du tort, permet de cultiver des valeurs de tolérance et de compassion. Ces habitudes, profondément ancrées, rendent également plus difficile de faire du mal à un autre être humain, même en cas de conflit, car, comme le dit le proverbe : l’habitude est une seconde nature.
C’est dans cet esprit que de nombreuses figures, telles que la peintre canadienne de renom, végétalienne et défenseuse des droits des animaux, Chantal Poulin-Durocher, soutiennent cette thèse à travers des propos tels que : «Je pense que nous devrions apprendre aux enfants à aimer et à respecter les animaux ; ils seront de meilleurs humains une fois adultes».
On ne sait pas toujours si l’on a déjà assisté à la mise à mort d’un animal. Même lorsque l’animal pousse des cris de détresse, l’homme parvient à le tuer sans aucune gêne. De cette manière, l’homme apprend à développer des valeurs d’intolérance et d’antipathie. C’est pourquoi, dès qu’un conflit éclate entre frères, il n’hésite pas à recourir à des armes physiques ou spirituelles.
Voici ce qui pourrait être une révélation choquante.
Il aurait été démontré que les personnes consommant de la viande seraient généralement plus sujettes à des comportements violents ou des colériques, ce qui pourrait être interprété comme des effets directs sur l’être humain. Par ailleurs, certaines sources spirituelles avancent que la souffrance infligée aux animaux ou aux humains aurait des répercussions négatives dans un environnement donné, à l’échelle nationale ou même mondiale. On qualifie souvent ces effets des charges collectives, en lien avec la loi de cause à effet : « Ce que l’homme aura semé, il le moissonnera aussi ».
Selon cette perspective, ces charges spirituelles pourraient être à l’origine de conflits comme la guerre en Ukraine, ou encore de maladies ou d’épidémies telles que la Covid-19. Ainsi, pour aspirer à la paix, il serait nécessaire de revoir nos habitudes de consommation.
Cette idée est soutenue par les enseignements de Maitre Suprême Ching Hai, qui explique :« Nous voulons tous avoir un monde en paix et nous parlons tous de la façon dont nous voulons la paix et l’amour. Eh bien, je pense que nous devrions commencer maintenant, et laisser la paix commencer dans nos assiettes. C’est ce que je pense. Tous les avantages du régime végétalien ne peuvent pas être surestimés […….] ».
En prenant du recul, bien que les guerres et tensions mondiales soient généralement attribuées à des enjeux politiques, religieux ou économiques, souvent plus complexes et profondément enracinés, le véganisme pourrait être perçu comme un outil de résolution des conflits.
2) Les défis du véganisme : un accès inégal à l’alimentation végétalienne.
Dans certaines régions du monde, les régimes végans sont difficiles à mettre en œuvre en raison des contraintes climatiques, économiques ou logistiques. Cela pourrait creuser davantage les inégalités entre le Nord et le Sud global. Exemple : Les pays dépendants de l’importation de végétaux (comme certains en Afrique subsaharienne) pourraient être désavantagés.
Conclusion
Le véganisme, en prônant la non-violence et le respect des êtres vivants, constitue une voie prometteuse pour atténuer certaines tensions mondiales. Il s’attaque à des enjeux majeurs comme l’exploitation animale, les inégalités alimentaires et les crises environnementales. De plus, sous une perspective spirituelle ou philosophique, il peut contribuer à résoudre des conflits complexes et enracinés. Cependant, sa mise en œuvre reste conditionnée par des défis climatiques, économiques ou logistiques qu’il faut surmonter. Ainsi, bien que le véganisme représente un levier d’apaisement potentiel, il doit s’inscrire dans une approche holistique de transformation sociale et environnementale pour maximiser son impact.
